La Macédoine 2013

mercredi 30 juillet 2014

Le voyage en Macédoine, automne 2013

Complètement différent de l’édition 2012 mais aussi beau, avec autant de couleurs automnales flamboyantes, autant de cross, plus de soleil (et les températures qui vont avec), plus de sites différents, plus de dénivelé et plus de contacts très sympas avec les pilotes locaux. Selon les participants des 2 éditions il s’agissait d’une version améliorée dans tous les sens. Un petit récit pour ceux qui n’ont pas pu participer.

Samedi 19 octobre 2013.

Nous (Jo, Els et le Sloeffie) récupérons les participants à l’aéroport « Alexandre le Grand » de Skopje. Simon et Manu nous attendent déjà, le caddy rempli de gros sacs de parapente. Un peu plus tard arrive l’équipe de choc ’Nono et Kiriki’ (alias Knabbel (celui qui grignote) et Babbel (celui qui papote)) et les touristes de Bulgarie Matt et Claire. Il ne manque que … Theo, qui a manqué sa correspondance à Vienne. Pas de soucis, on le retrouvera vers minuit, bagage inclus.
Entre temps tout le monde se pose au Hi Hostel et les estomacs qui commencent à se laisser entendre. Faim ! On va manger un bout.
’Malheur, malheur’ : la vie n’est pas juste… Arrivés à la grand place en centre ville, nous voyons qu’ il y a la grande ’bourse au vin’ à traverser pour arriver au restaurant. Nous sommes pris en otages, obligés de passer en plein milieu. Si on nous prend par les sentiments ! Le choix entre le liquide et le solide nous occupe à peu près 3 secondes. D’un coup, tout le monde se retrouve dans les stands des meilleurs producteurs de vin de la Macédoine, avec un verre de vin à la main et un tas de tickets dans la poche. Du rouge et du blanc, de la piquette au grand cru, on se laisse séduire par ce que la Macédoine a cultivée depuis 2500 ans : le meilleur vin des Balkans.
Une fois traversée la foule de connaisseurs et d’amateurs, on arrive dans la partie Turque de la ville de Skopje et on découvre la façon dont les Macédoniens mangent le soir : d’abord Rakija avec salade, suivi par viande, viande et viande accompagnée de bière. On va gagner des kilos en Macédoine !

Dimanche 20 octobre 2013

Motivés, on monte avec tout le monde vers le décollage de Skopska en face de la ville de Skopje mais aujourd’hui le vent est trop fort et très frais. Nous admirons le superbe paysage en attendant que le vent baisse.
Après un appel à un ami (dans ce cas ’Smile’, le moniteur du ’Paragliding club Vertigo’) nous partons vers une petite butte à côté de Illinden pour un peu de pente-école avec les élèves d’ici. Un pique-nique royal avec cours ’comment boire à une bouteille sans la toucher avec la bouche’, une montée à pieds, des gonflages en haut (pour certains les premiers depuis le voyage de l’année dernière), une petite sieste de digestion et quelques petits vols pour se mettre dans le bain. Le premier contact avec les gars du club est très amical : Smile, Alec et Goran nous accueillent les bras grands ouverts. La vue sur les champs multicolores en bas et les silhouettes des montagnes des 2 côtés de la ville est très chouette. Un avant-goût de ce qui nous attend ailleurs.
Le vent baisse dans l’après-midi et nous remontons vers Skopska pour notre premier grand vol de la semaine. La vue est splendide, avec un peu de brume dans les fonds des vallées qui fait ressortir les différentes lignes de crêtes les unes après les autres. Le vol est un plouf tranquille avec un dénivelé de 960 m au-dessus des forêts enflammées avec des couleurs en jaune, orange et rouge à perte de vue.
Le soir nous retrouvons les copains de Vertigo (Smile, Deco, Alexandre alias Joka, Alec, Goran, Dime, Petar, Stefan, ...) dans leur resto préféré et mangeons un bon bout ensemble. Joka insiste à nous faire goûter son dessert favori, tri lecche, et nous en profitons pour goûter également les autres sucreries traditionnelles comme le baklava, le parachuter et d’autres délicatesses. Il nous introduit également au Krug (le bar des parapentistes) pour le digestif et la bonne musique rock de notre jeunesse.

Lundi 21 octobre 2013

Aujourd’hui nous avons un site sur le menu à 50 km de Skopje, au-dessus de Tetovo.
Le décollage de parapente se trouve à côté de la station de ski ’Popovo Sjapka’ (soit ’le chapeau du prêtre’) à 30 min au-dessus de Tetovo. Selon les locaux il faudra un 4x4 pour y accéder mais nous tentons le coup avec le Sloefke qui passe ’fingers in the nose’. Le déco est assez plat et il n’y a pas de vent, du coup ce n’est pas gagné. Claire cavale jusqu’au bout avec sa Spiruline pour décoller pendant que les autres doivent également se montrer bien motivés dans leur course d’envol. On saute des bosquets, on navigue entre les chardons, on garde le CAP et on y va ’à fond la caisse’.
Tout le monde arrive à décoller quand même pour ce vol avec un dénivelé de 1200 m et un paysage très diversifié tout autour. Nous avons une belle vue sur la vallée avec les montagnes en face et derrière (jusqu’à 2600 m) et la ville au pied. Des petits thermiques au-dessus des barres rocheuses devant le déco se déclenchent de temps en temps et prolongent le vol pour tout le monde. Nous montons un peu, nous longeons la pente et nous passons très haut au-dessus des habitations. On remonte pour un deuxième vol.
Les pilotes locaux sont également de la partie au décollage, avec les 2 frères Vlatko et Oliver qui nous ont fait découvrir ce site. De nouveau pas de vent, pas de pente et des décollages en galopant à fond. Claire donne l’impression de vouloir courir jusqu’en bas mais miraculeusement elle arrive à se mettre en l’air. Un petit plouf pour tout le monde mais génial et bien mérité !
Nous rentrons à Skopje pour aller manger dans un des meilleurs restaurants de la ville : Lyra. Le propriétaire est également un parapentiste et fait partie du club Vertigo. Alec passe la commande et on voit arriver des mets les uns encore plus savoureux que les autres. On commence avec les salades aux légumes frais et aux fromages de chèvres et des spécialités locales comme l’Ajvar aux poivrons et le pinjur aux aubergines. Quand on a pratiquement plus faim, ces choses délicieuses sont suivies par la viande mijotée de veau aux champignons, le porc cuit et le poisson grillé, pour finir avec les desserts sublimes. On n’en peut plus mais on fini tout quand-même. On l’avait bien dit qu’on allait gagner des kilos !

Mardi 22 octobre 2013

Nous partons de Skopje en direction de Prilep et Krusjevo à 120 km plus au Sud où nous retrouvons l’équipe de Vertigo. Krusjevo est un site qu’on connaît bien depuis l’année dernière et on commence l’après-midi avec un joli vol au-dessus de la vallée. Nous retrouvons aussi nos repères : les crêtes, les arbres, la vue grandiose, l’atterrissage où l’on pourrait poser un Boeing. Tous sauf Clairette qui a essayé à passer la forêt en Spiruline et qui s’est posée juste au-dessus. Elle reste avec Matt à défaire sa voile du cynorhodon qui s’agrippe à ses suspentes avec zèle, pendant que les autres filent à Treskavetz, en face du décollage de Krusjevo.
Treskavetz est un site connu depuis des dizaines d’années mais peu utilisé à cause de son inaccessibilité. Cet été par contre, une toute nouvelle route à été construite, pour desservir le monastère qui à brûlé au début de l’été. Très dommage pour la perte des boiseries centenaires du monastère, mais la route est parfaite pour ouvrir ce site magnifique.
Quelle massif magique, plein de rochers granitiques, érodés par l’eau et le vent pour former des figures et des formes bizarres et féeriques. On a l’impression d’être sur une autre planète, tellement les paysages sont différents de tout ce qui l’entoure. Mais en plus, on y vol super bien. C’est un site qui donne très vite en thermique l’après-midi et qui à un potentiel énorme.
Le dénivelé n’est pas très grand mais les thermiques sont suffisants pour faire monter Jo 400 m au-dessus du déco. Il emmène Nono et Simon, qui sont également bien montés, pour le premier petit cross de la semaine vers le château du roi Marko 6 km plus loin. Du château, qui se trouve juste au-dessus de la ville de Prilep, il ne reste plus que des ruines, mais c’est très joli à survoler, surtout avec les rochers oranges tout autour. Jo a gardé assez de hauteur pour revenir, mais les 2 autres commencent à suivre une longue tradition parapentesque Macédonienne : le ’fly and hike’ qui durera tout le long du stage. Ils se posent entre le château et le décollage et font le test de leur matos léger pendant une belle balade par les pistes qui parcourent les paysages autour de Treskavetz. Le verdict après le test : leurs voiles se portent bien !
Kiriki, Theo et Manu se battent devant le décollage mais ne trouvent pas le bon cycle pour vraiment monter assez pour partir. Theo arrive quand-même à tenir pendant un bon moment pendant que Els remonte les autres pour tenter un dernier vol du soir. Juste au moment du décollage, le vent tourne et les 2 malheureux sont toujours en train d’attendre une petite bouffe de face quand l’équipe de Krusjevo arrive avec les gars de Vertigo. Le soleil commence à se coucher et nous décidons d’aller visiter le monastère au-dessus.
Le soir nous arrivons à notre endroit de camping privilégié dans le bois de Krusjevo. Les ’anciens’ ont appris l’année dernière comment monter les tentes de façon efficace et le campement apparaît à une vitesse phénoménale et on se prépare pour le BBQ traditionnel.
Comme l’année dernière, Simon s’occupe du feu, assisté cette fois-ci par Manu, également un spécialiste de la cuisson. Une équipe de préparateurs de légumes s’installe à la chaîne : Theo est en charge des aubergines au miel, Nono et Kiriki des champignons à l’huile d’olive et à l’ail, Claire des patates et Jo des poivrons. Matt se met à couper la viande et Els s’occupe de la mise en place et de l’organisation de tout ce beau monde de chefs.
Comme d’hab, c’est un BBQ très gourmand, qui finit cette année par une nouveauté introduite par Manu : des bananes au miel et Nutella, flambées au Rakija. Trop bon, trop bon !! Le soir nous chantons les chansons Bulgares de Claire (notre bulgare n’est pas très au top mais cela importe guère) et la nouvelle ’Chanson Thang-ka’ écrite par Elsje cet automne. On est sûr que ce sera un gros tube l’année prochaine !

Mercredi 23 octobre 2013

Après une nuit en tente, nous commençons la journée à Krusjevo avec un petit plouf tranquille, une glissade en douceur avec un petit vent de face. Après, nous partons vite à Treskavetz où le soleil commence à taper sur les rochers.
Tout le monde décolle, sauf Jo, qui guide les autres dans les thermiques qui demandent à être assez précis et qui sont très cycliques. Être là au bon moment est très important et Theo et Simon arrivent à bien monter au-dessus du décollage et se baladent tout au long de la crête. Nono, Kiriki, Claire, Manu et Els réussissent à plus ou moins bien à tenir et se retrouvent avec plus ou moins de succès en divers stades du système yoyo (je rentre dans le thermique : ’trop top’ – je monte un peu, bip bip bip : ’magnifique’ - je vois les extrados des autres et le déco d’en haut : ’génial’ – je le perd : ’bof’ - je vois repasser les copains en sens inverse : ’bien pour eux’ – je gratte, je gratte, je gratte encore : ’il est où ce p---- de thermique’ - les arbres deviennent plus grands : ’aie, aie’ – tout le monde est au-dessus de moi : ’les chançards’ – je monte d’un coup : ’c’est de la balle !’ – j’arrive au-dessus de la crête : ’je le savais’ – il ne donne plus rien : ’ce n’est pas vrai !’ - l’atterrissage s’éloigne : ’soupire’ – le sol s’approche : ’non,non,non’ – j’atterris dans la pampa : ’-----’ - 1 km à pied... : ’bééé, pfrt’)
Prendre l’attitude ’fly and hike / flyke’ : on va dire que c’est bon pour la condition physique ! Sinon on se retrouve entre le zérotage en essuie glace, le petit vol tranquille ou le plouf amélioré avec atterrissage à côté du Sloeffie. Jo va chercher tout le monde en bas pour les remonter au décollage pour un deuxième vol pendant que Theo et Simon se font plaisir au-dessus.
Les autres se remettent en l’air en plein milieu de l’après-midi et les conditions sont toujours bonnes. Matt monte à 2400 m et part en cross vers les crêtes derrière, pendant que Jo décolle aussi et arrive à bien prendre. Cette fois-ci c’est Manu qui monte haut et il fait le plaf pour partir avec Jo qui l’attendait, en cross. Ils dépassent le monastère derrière et s’entraînent dans du crête-hopping. Pendant que le soleil tape fort sur les rochers, les thermiques leur permettent de se faire une belle balade.
Entre temps, les autres peaufinent le système yoyo et certains remontent pour un troisième vol vers la fin de l’après-midi. Les couleurs sont magnifiques et tout est doré, orange et jaune, avec le château de Marko en fond d’écran. D’un coup, les thermiques s’éteignent tous et les derniers descendent tranquillement, la tête plein de belles images. Ce site est vraiment une superbe découverte, autant pour les paysages que pour les conditions.
Els récupère tout le monde autour de Treskavetz et nous partons vers la ville de Prilep pour retrouver les 2 crosseurs. Manu à la banane jusqu’à Honolulu et a visiblement passé un moment plus que mémorable. Après une bière bien méritée, nous allons manger les spécialités locales dans un restaurant traditionnel. Quelle journée !!

Jeudi 24 octobre 2013

Selon les prévisions le vent devrait tourner cet après-midi et du coup on plie bagages pour partir vers le lac, le site et la ville d’Ohrid. Vers le lac Prespa le Sloeffie se fait arrêter par les bleus. Une fois qu’ils ont compris qu’on ne pige quedale en macédonien, ils nous laissent partir après les mots historiques : ’Mister Jo, Mister Jo, Mister Jo : down, down, down’, une phrase qui restera dans les anales. Nous montons dans le Parc National de Galicica entre les 2 lacs vers le décollage sous le col.
Selon les gars de Skopje : aujourd’hui devrait être un bon jour pour ce site. Par contre, au moment d’arriver au déco, les manches à air n’ont pas l’air d’être d’accord avec eux et un vent arrière souffle à 10 km/h. Bof. La vue reste néanmoins imprenable et nous nous installons pour attendre que le vent nous soit clément et s’incline devant la maîtrise des spécialistes de la météo.
Els explique les origines du lac Prespa et cela inspire Claire pour nous faire une présentation de l’histoire émouvante de ’Red China Petroleum’. Claire se transforme en spectacle ambulant et pendant 10 minutes l’audience est captivée par l’histoire de la naissance et de la prise de conscience d’une fleur rouge plastique qui prend son destin entre ses propres épines. Red China Petroleum.
Entre temps, le vent a baissé légèrement mais les thermiques n’arrivent pas à prendre le dessus au décollage. Le verdict est donc : courir pour décoller. Heureusement il y a assez de place et toute l’équipe se met en l’air pour la petite glissade de fin d’après-midi. Même sans assez de thermiques pour un cross, ça reste toujours un vol formidable, avec en bas l’eau cristalline du lac et en face, les montagnes du côté Albanais.
Après une visite éclair de la ville d’Ohrid, nous allons manger au ’Fisherman’s House’ au bord de la plage. C’est le petit restaurant de Gabriella et Irak, des copains que nous avons rencontrés pendant nos visites d’Ohrid l’année dernière. Nous mangeons les poissons frits pêchés ce matin par Irak et préparés de façon traditionnelle par Gabriella, tout cela accompagné de salades gourmandes et quelques bouteilles de bon vin. Eh oui, les kilos arrivent pleine balle !!

Vendredi 25 octobre 2013

Les conditions sont pareilles qu’hier et nous repartons vers l’autre côté du parc Galicica pour voler en direction de Prespa. Les entraînements du flyke portent déjà leurs fruits et l’équipe galope joyeusement vers le haut, 1 voir 2 voiles sur le dos.
La vue du décollage n’a rien à voir avec le côté d’Ohrid mais est aussi époustouflant. Le lac paisiblement en bas, vue sur les montagnes grecques au loin et les pics du Parc National de Pellister en face. Ici, le vent est de face et Jo teste la masse d’air. Pas de soaring pour l’instant mais un beau vol au-dessus de la forêt pour finir au-dessus du lac avec atterrissage sur la plage. Pas mal pour un petit plouf du matin. Et c’est reparti en direction de Treskavetz.
Le site nous attend rayonnant comme toujours pour une autre après-midi de cache-cache avec les thermiques. Les plus heureux prennent l’ascenseur direction étage supérieur, la phrase : ’Claire, bien posée’, comme l’image de plusieurs voiles en grappe au-dessus du décollage, commencent à être très connues. Quand le soleil commence à descendre, nous prenons l’apéro devant le monastère avec vue sur le décollage de Krusjevo, la butte de Ribnik au milieu et la grande plaine devant. Les lumières des villages commencent à scintiller comme des fourmilières de lucioles en bas pendant que le soleil colore le ciel en orange et jaune au-dessus. Encore une belle journée.

Samedi 26 octobre 2013.

Manu et Theo repartent et Els récupère les 2 nouveaux recrutés Wim et Wouter. Les autres montent vers Skopska avec l’équipe de Vertigo pour profiter de cette belle journée agréable. Après 2 beaux vols on va manger un très bon repas avec toute l’équipe pour fêter la fin de la première semaine formidable et le début de la deuxième qui s’annonce aussi belle.
La capitale de la Macédoine est une ville agréable à traverser à pieds et nous nous arrêtons pour quelques explications d’Els devant le ’warrior on the horse’ qui représente Alexandre le Grand. Après cette balade culturelle, nous mangeons un bout dans la vieille ville et en revenant on s’arrête chez Pellister pour goûter leur fameux ’moelleux au chocolat’, histoire de tenir nos calories au niveau.

Dimanche 27 octobre 2013

Rdv à midi chez Lyra avec Alec, Dime et Petar pour une expédition exceptionnelle. Les clubs de Skopje et de Tetovo se retrouvent aujourd’hui avec Goran (l’organisateur de la coupe du monde de parapente) pour aller voler sur le site de Ljuboten et nous sommes les invités. Ce vol ne se fait en moyenne qu’une fois par an, alors c’est vraiment un coup de bol d’être là au bon moment. Nous nous ’sardinons’ tous dans un 4x4 pour monter le dernier bout de la piste, quand le Sloefke n’en peut plus.
Arrivés en haut, le panorama nous coupe le souffle, tellement on a l’impression d’être sur une autre planète, isolés du monde connu en bas, élevés dans les sphères d’ailleurs, immatérielles. Les nuages en bas nous cachent les fonds des vallées et ne nous montrent que les crêtes des sommets autour. C’est fantastique.
Tout le monde décolle au fur et à mesure pour un vol de 1400 m de dénivelé. Il y a des voiles partout en l’air, comme un ballet multicolore. Certains font des ’touch and go’ sur un sommet au-dessus du décollage pendant que d’autres tiennent plus devant.
Jo décolle en premier pour montrer le chemin et les autres suivent sans problèmes : Simon, Kiriki, Nono, Wouter et Wim joignent les papillons de Ljuboten, édition 2013 : un moment à ne plus jamais oublier. Quelques thermiques sont au rendez-vous pour tenir un petit moment et après, c’est une longue glissade vers la vallée 1400 m plus bas, le pur bonheur.
Nous rentrons après à Skopje avec les Vertigistes pour aller manger à un restaurant ’très classe’. Ils nous accueillent comme des rois et le repas est extraordinaire. C’est ’Dallas’ et nous passons un bon moment à papoter, à rigoler et à délirer avec les jeunes et l’ambiance est carnavalesque pour dire le moins.
« Des calories sont des petites bêtes qui font rétrécir les vêtements pendant la nuit. » C’est vrai, et on est tous contaminés.

Lundi 28 octobre 2013

Après les escapades d’hier nous retournons en direction de Tetovo pour aller voler à Popovo Sjapka, nous optons raisonnablement pour un vol traditionnel côté sud. On se retrouve avec notre petite équipe toute seule dans l’herbe jaune du décollage. Cela donne un peu l’impression des paysages des vieux western, sauf que les cowboys sont remplacés par des parapentistes.
Avec un peu plus de vent que la semaine dernière le décollage se passe plus fluide et sans trop d’obstacles devant. Durant le premier vol Jo, Kiriki, Simon et Nono arrivent à tenir au-dessus des rochers et pour le 2ième vol, tout le monde zérote un peu devant le décollage avant de longer la pente à côté de la ville. On arrive toujours avec beaucoup de hauteur au-dessus des maisons ce qui nous permet d’étudier en détail le plan de la ville. Encore une belle journée.

Mardi 29 octobre 2013

Nous bougeons vers Treskavetz, et en route l’équipe belge (Wim, Wouter et Els) prend en main l’éducation musicale de Simon qui entend passer un bouquet de grands classiques, allant d’Aretha Franklin jusqu’aux Beach Boys. Nous arrivons sur notre site préféré pour une nouvelle journée de vols, mini-cross et fly and hikes. Wim et Wouter comprennent assez vite le système et joignent les ’anciens amateurs’ pour se faire plaisir toute l’après-midi. Pas de grands cross aujourd’hui mais juste assez de terrain de jeu pour s’amuser au-dessus des paysages magnifiques.
On termine cette chouette après-midi avec une visite au monastère qui domine tout le site d’en haut. Il date du 13ième siècle et à toujours été isolé comme un trésor bien caché en plein milieu des rochers : le mot idyllique est vraiment à sa place. Miraculeusement, l’église, en plein milieu, n’a pas été touchée par l’incendie et nous allons voir les vieilles fresques du Moyen-Age à l’intérieur et sommes émus par l’atmosphère intime, le résultat de la lumière tamisée des cierges et des couleurs des illustrations sur les murs et le plafond.
On retrouve nos 2 copains ’chien peureux et chat gourmand’ de la semaine dernière qui se souviennent visiblement des saucisses qu’on leur avait donnés et qui nous rejoignent pour l’apéro. Sur le grand écran en face de la vallée, on projette le même film muet avec la même ’star’ que la semaine dernière : ’coucher du soleil en orange et jaune’.
Il y a des moments qui sont pires dans la vie...
A Krusjevo on commence à alluminiumiser les patates et les champignons au beurre à l’ail et à couper et mettre à griller quelques kilos de viande, les poivrons, les marrons et d’autres gourmandises. Comme chaque fois, chacun trouve sa place dans cette ’chaîne alimentaire’ improvisée et le résultat nous oblige de nouveau à faire des excès sur le plan diététique.
Autour du feu on remet quelques couches de la ’Thang-ka song’ pendant que Kiriki nous apprend à cracher le feu. Heureusement la soirée se termine en toute sécurité et l’énigme ’comment tu t’appelles ?’ est enfin résolue. Le cœur léger et la conscience tranquille, maintenant que cette pénible question est éclairée, on va dormir paisiblement. 

Mercredi 30 octobre 2013

On se lève tôt parce-qu’aujourd’hui on a prévu une grande expédition : monter au décollage de Pellister à 2600 m d’altitude.
Vers 8h30 on appelle Martin : pas de réponse.
Vers 8h31 on appelle Alec : pas de réponse.
Il nous semble que nos collègues nous posent un lapin.
Mais les conditions météo devraient être excellentes pour une tentative aujourd’hui, ce qui n’arrive pas souvent à cause de l’altitude et l’orientation du site.
Dilemme : qu’est ce qu’on fait ? Les véhicules ne sont pas adaptés à cette montée et louer un 4x4 est horriblement cher. Le seul moyen d’arriver en haut sera … à pieds sur un dénivelé positif de 1000 m avec le matos de parapente sur le dos.
Jo, Simon et Wouter sautent déjà partout comme des lapins Duracell, prêts à partir en courant. Finalement les autres se laissent convaincre par leur enthousiasme et leur promesse de les alléger d’une partie de leur lest pour tenter le coup. C’est donc décidé, on part voler tous ensemble à Pellister !
Avec petit Sloefke on monte sur la piste forestière pendant plusieurs kilomètres et après on attaque la montée à pieds. Le poids est partiellement réparti parmi les plus motivés (Jo, Kiriki, Simon et Wouter) et on commence ’la Grande Marche’.
D’abord on passe pendant plusieurs kilomètres par une piste qui monte légèrement dans la forêt de pins, qui sont typiques dans le Parc de Pellister, et après on continue en style cross-country en traversant des ruisseaux et en montant par des petits sentiers raides vers le col à 2600 m. Nous profitons des paysages jolis et inattendus tout autour.
Après 3 heures de marche nous arrivons enfin au décollage. Nous sommes tous épuisés et même les super motivés sautent moins haut que ce matin. Mais ’les auréoles sous les bras’, les T-shirts qui collent dans les dos et les gouttes de sueur sur les fronts sont un petit prix à payer pour cette vue imprenable et ces gros sourires sur chacun des visages, sans exception. Parce-que c’est ça, la grosse satisfaction, que c’était un effort d’équipe et que tout le monde s’est dépassé et à réussi à monter jusqu’en haut. Une superbe réussite, du coup on se félicite sans gène pour cette belle prestation.
Après cette montée, nous avons l’honneur de décoller sur Pellister pour un vol d’un dénivelé de 1400 m en direction de Bitola, que même une bonne partie des pilotes du coin n’ont jamais fait. Nous nous installons sur la grande pente herbeuse jaune à côté de la piste, pour décoller à la queue-leu-leu. Nous dépassons les différentes lignes de crêtes, au-dessus des pins avec leur couleur typique qui ressemblent à une mer verte. Nous profitons d’une très belle vue sur la vallée et la ville au loin, pour se poser à côté du Sloeffie. Ouf, on l’a bien méritée cette bière.

Jeudi 31 octobre 2013

Après l’escapade d’hier, des soupirs, des craquements de genoux et des courbatures étaient craints partout, mais miraculeusement la majorité de l’équipe à bonne mine ce matin.
En passant au décollage Est de Krusjevo, le vent souffle à 10 km/h de face, on ne pourrait pas demander mieux, et comme disait on ne sait plus qui : ’quand c’est bon ce n’est pas la peine d’attendre que ce soit meilleur’, on décide de rester sur place et de voler ici. Certains arrivent à tenir un peu en dynamique ou à choper quelques thermiques à côté du décollage, voir loin devant. Jo essaie de montrer les bons plans en l’air et se balade tout le long de la crête pour chercher les zones positives.
Pour le deuxième vol, c’est reparti sur le même système que le premier avec une multitude de papillons sur-dimensionnés et multicolores au-dessus des bois.
L’aprem c’est l’heure de l’exercice et cette fois-ci tout le monde veut se mettre aux wings. Les uns après les autres se battent les wings dans tous les sens pendant que Jo leur donne les instructions précises. D’en haut, Els commence à avoir mal au cœur en voyant les ailes se basculer de droite à gauche et de gauche à droite. Ce n’est pas facile de maîtriser ses wings quand on est né avec des bras sans plumes, mais les copains gèrent de mieux en mieux et on refait un dernier vol pour refaire cet exercice. On se lâche !

Vendredi 1 novembre 2013

Le matin, tout le monde sort de sa tente un peu frippé (entre fripé, flippé et grippé). Pas bien dormi apparemment : des grosses bêtes mystérieuses se sont rassemblées dans la forêt cette nuit.
Après discussion en plein jour sur l’origine de ces dangereuses créatures, on n’a que 2 hypothèses à proposer : le légendaire ’écureuil carnivore de Macédoine’ ou le très dangereux ’mulot vampire de Krusjevo’. Grrr …
En tout cas, on va voler pour la dernière fois à ’Magic Trescavetz’. Au revoir Krusjevo !
Quand on arrive au déco de Treskavetz il y a une petite brise de face qui nous accueille et le soleil frappe joyeusement les rochers en bas. Jo décolle en premier et les autres suivent sans hésiter, sauf Els qui fait les photos et Kiriki qui a un petit soucis de sellette et de fatigue. Les autres se battent férocement avec les cycles des thermiques et cette semaine d’entraînement porte ses fruits. Tous réussissent à monter au-dessus du décollage, plus ou moins vite et même au-dessus du monastère. C’est le signal pour partir et Jo emmène Simon (qui était déjà bien monté dès le début), Wouter, Nono et Wim (qui ont gratté jusqu’au bout pour se refaire d’en bas avec une ténacité héroïque) pour le dernier cross de la semaine. C’est la course contre la montre ou plutôt contre le soleil qui descend centimètre par centimètre, pour trouver encore les bonnes ascendances pour passer les crêtes derrière Prilep.
Ils sont partis derrière, et plus derrière et encore derrière, en passant les crêtes les unes après les autres, en passant la carrière, en dépassant l’objectif ’le lac’. Ils ont dépassé tellement de choses qu’ils ne retrouvent plus personne pour faire du stop. Les seuls passants sont des troupeaux de chèvres et des chars avec 2 ou 3 ânes devant. Heureusement que l’équipe ’récup’ est organisée pour les secourir d’une balade d’une 15’aine de kilomètres.
Vers minuit on mange un dernier moelleux au chocolat à Skopje. Et hup au lit !

Samedi 2 novembre 2013

Dernier jour, mais pas de relâchement. On monte à Skopska pour une bonne session de soaring. Il y a du brouillard en bas mais il y a assez de vent pour rester au-dessus. La vue est vraiment époustouflante avec la mer de nuages en bas, juste les têtes des crêtes dépassent ces ouates. En plus, les thermiques sont petits mais vigoureux et l’exercice du jour est la repose au décollage.
Vers la fin de l’après-midi le brouillard se dissipe et on termine ce voyage en beauté avec un joli vol jusqu’en bas.
Il ne nous reste qu’à ramener Nono et Kiriki à l’aéroport, ils vont passer la nuit à Vienne. Les derniers des Thang-kistes ont prévu d’aller manger chez Lyra, de loin la meilleure adresse de ces 2 semaines, que Wim et Wouter n’avaient pas encore testée. Entre les entrées gastronomiques, les plats à tomber par terre et les desserts succulents on ne regrette pas du tout notre choix. En plus une petite bande de musiciens nous anime la soirée agréablement. Une petite pensée aux 2 chevaliers blancs qui se retrouvent dans l’aéroport désertique de Vienne, accroupis sur un banc à côté de leur sac, pendant que nous gardons l’odeur séduisant de la ’casserole macédonienne’ au nez et le goût d’un baklava sublime collé aux papilles. Demain on commence le régime !

Dimanche 3 octobre 2013

Ça y est, même les meilleures choses doivent se terminer à un moment donné. On ramène les derniers mousquetaires à l’aéroport et on regarde avec beaucoup de plaisir derrière nous. 2 Semaines de pur bonheur, de vols tous les jours (entre 22 et 26) sur des sites nouveaux et merveilleux, de balades, de repas savoureux, de détente, d’aventures, d’une ambiance bon enfant, d’amitié en français en flamand et en anglais, de chansons et surtout de rigolades et d’un super esprit d’équipe. Des vraies vacances magnifiques quoi !!
Merci beaucoup à tous les participants en ordre d’apparence : Simon et Manu, Nono et Kiriki, Matt et Claire, Theo, Wim et Wouter pour leur bonne humeur et leur volonté et motivation et à tous les Macédoniens qui nous ont beaucoup aidé et qui nous ont vraiment donné un accueil chaleureux : Martin, Smile, Joka, Alec, Vlatko et Oliver, et toute l’équipe de Vertigo.

Les vidéos

Part 1



Part 2



Part 3



Part 4